Dimanche 17 septembre 2006
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Au niveau des jolis coins de la capitale, je connaissais déjà La campagne à Paris (Pte de Bagnolet), les ruelles du 19ème, du côté de la rue de Mouzaïa, celles qui entourent le Parc Montsouris, sans oublier les jolies cours fleuries derrière les portes cochères du 11ème ou du 9ème (avec, bien sûr, l'avenue Frochot, près de Pigalle, superbe allée aux maisons impressionnantes, auparavant libre d'accès mais devenue verrouillée, interdite au amateurs de jolies vues ? c'est là qu'habitait Dalida, entre autres).
J'ai découvert hier un quartier dont je connaissais l'attrait, mais que je n'avais jamais visité, le 13ème arrondissement, et notamment la fameuse « Butte aux cailles ». Le thème de cette sortie était : A la recherche de la Bièvre disparue.
Elle n'a certes pas disparu, cette rivière, mais elle est tout simplement recouverte par les immeubles et la voirie. Venant de Guyancourt, elle passe par Verrières-le-Buisson, L'Hay-les-Roses et Gentilly, pour entrer dans Paris près de la poterne des Peupliers. On peut voir sa jonction avec la Seine du haut du pont d'Austerlitz.
Point de départ : l'avenue des Gobelins et sa renommée Manufacture. Sur le fronton, de jolies sculptures rappellent les étapes de fabrication de la laine.
Nous effectuons le tour du « Château de la Reine Blanche » (authentique demeure médiévale ayant donné lieu à une belle opération immobilière !) et découvrons des cours-jardins, avec des bâtiments à l'architecture Renaissance, une friche où s'épanouissent des végétaux divers et anciens, voire en voie de disparition (l'orme, par exemple), le square René Le Gall, oasis de calme et d'essences d'arbres multiples.
J'apprends que Bièvre vient de « castor » (beaver), que l'on retrouve sur les armoiries du 13ème arrondissement. Le nom de Lamotte-Beuvron (Loire-et-Cher) en est également issu. Les villageois de Gentilly et alentours, pas encore Parisiens, venaient y puiser de la glace lors des hivers rigoureux que Paris ne connaît pratiquement plus, d'où la « rue de la Glacière ».
A Corvisart, nous gravissons la Butte aux Cailles (rien à voir avec les oiseaux : cela vient de caillou ou de caillasse) et admirons, là encore, les arbres et les maisons anciennes qui donnent l'impression d'être à la campagne.
Notre guide nous fait remarquer les creux et les bosses des rues que nous empruntons et qui indiquent les méandres de la Bièvre et son ancien lit (notamment sur le boulevard Auguste-Blanqui).
Les noms des rues sont, en eux-mêmes, la trace de ce qui existait aux siècles passés :
- les moulins à vent (rue du Moulin des Prés, rue du Moulinet, rue du Fer à moulin)
- les arbres (poterne des peupliers, square des peupliers)
Ce square, justement, est un petit paradis, comme la Campagne à Paris ou les sentes des Buttes Chaumont : un dédale d'allées pavées et arborées que bordent de jolies maisons en pierre ou en meulière. Et ici, les propriétaires ont eu la délicatesse de ne pas interdire l'accès au promeneur.
Quelques vues du
square des Peupliers
Un peu plus loin, voici une place où trône une fontaine et, tout à côté, la piscine. Quel intérêt ? Eh bien, Arago a creusé un puits artésien dans la Bièvre, qui alimente la fontaine et la piscine !
Après avoir descendu la ruelle Vandrezanne, nous arrivons dans un charmant quartier pavillonnaire et nous arrêtons au début de la rue Dieulefoy. Originaire du Nord, je trouve, dans cet alignement de maisons, une ressemblance avec les corons. Et, en effet, notre guide nous apprend que ces maisons avaient été construites pour y loger les ouvriers des usines et ateliers dont l'activité utilisait l'eau de la Bièvre. Certains immeubles portent d'ailleurs encore des noms évocateurs : « fabrique de chaussures et galoches » ou « peaux de chamois »?
Rue Dieulefoy
La promenade se termine. Nous avons bien sûr observé d'autres curiosités :
- des cédrelas, arbres dont les ramifications sont systématiquement en angle droit, vision curieuse...
- la façade d'un cinéma désaffecté, sculptée par... Rodin !
- des gingkos aux fruits ressemblant à du raisin, mais qui, en pourissant, dégagent une odeur pestilentielle
- et cette dernière belle découverte : un immeuble dont la structure centrale est un tronc d'arbre entier autour duquel s'enroule l'escalier, une pure merveille d'architecture
Deux ou trois portions de Bièvre doivent être rendues à l'air libre dans les années qui viennent, notamment près du Museum d'Histoire Naturelle au Jardin des Plantes : un beau projet !
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